Harry Gruyaert et le Maroc : une fascination photographique de cinquante ans #
Né à Anvers en 1941, Harry Gruyaert photographie le Maroc depuis la fin des années 1960. De ses premières images en couleur, récompensées dès 1976, à un troisième livre paru en 2024, voici l’histoire d’une relation au long cours, racontée à partir de ce que documentent l’agence Magnum Photos et les notices de référence.
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L’itinéraire marocain de Harry Gruyaert : genèse d’un regard #
Formé de 1959 à 1962 à l’INRACI, l’école de photographie et de cinéma de Bruxelles, Harry Gruyaert se rend pour la première fois au Maroc en 1969, selon Wikipédia. À la fin des années 1960, il teste déjà le film couleur Kodachrome pour ses travaux documentaires. Les photographies rapportées du pays lui valent d’être le premier lauréat du Prix Kodak de la critique photographique, en 1976.
Dans l’introduction de son livre de 2024, il fait remonter sa relation avec le pays à 1972, rapporte Magnum Photos. Les deux repères coexistent donc selon les sources. Au cours des années 1970, il parcourt le Maroc à de nombreuses reprises à bord d’un camping-car Volkswagen : Haut Atlas, désert, côte atlantique et rivages méditerranéens.
- 1941Naissance à Anvers
- 1969Premier voyage au Maroc (selon Wikipédia)
- 1976Prix Kodak de la critique photographique pour ses images du Maroc
- 1982Entrée à Magnum Photos (membre à part entière en 1986)
- 1990Premier livre : Morocco (Schirmer/Mosel)
- 2013Maroc (Textuel)
- 2024Morocco, troisième livre, composé d’images d’archives inédites
Il retourne ensuite souvent sur les lieux qui l’ont marqué, en cherchant à retrouver l’émotion et la curiosité de ses premiers séjours. Il compare lui-même sa façon de travailler à un repérage de lieux, au sens où l’entend le cinéma. Il y voit surtout une obsession : revivre plus intensément un moment vécu dans un endroit déjà visité.
L’esthétique marocaine à travers la couleur et la lumière #
D’après sa biographie publiée par Magnum Photos, c’est la rencontre entre le Pop Art et un voyage au Maroc qui, à la fin des années 1970, le pousse à devenir l’un des premiers photographes d’Europe à se consacrer entièrement à la couleur. Le pays n’est donc pas un sujet parmi d’autres : il a compté dans la naissance de son langage visuel.
- Le Kodachrome : utilisé dès la fin des années 1960, ce film accompagne ses premières séries documentaires en couleur.
- La lumière comme matière : dans ses vues de Marrakech, d’Erfoud ou du Haut Atlas, la couleur construit l’image autant qu’elle décrit le lieu.
- Un équilibre : pour lui, tout est affaire d’équilibre entre la réalité et soi-même, selon une phrase reprise par Magnum.
Ses photographies du Maroc ne dressent pas un inventaire de couleurs « typiques ». Elles cherchent une intensité, et la couleur devient une manière de restituer une atmosphère. Ce parti pris, plus que la seule maîtrise technique, fait l’identité de son travail.
Le Maroc entre tradition et modernité : scènes du quotidien revisitées #
L’œuvre marocaine de Harry Gruyaert traverse des décors très variés, où les traditions côtoient les transformations du pays. Les légendes des images publiées par Magnum en donnent la mesure, des villes impériales aux reliefs de l’Atlas.
Magnum souligne que les vêtements, les coutumes et même les réactions face à un étranger, surtout muni d’un appareil photo, changent fortement d’un endroit à l’autre. Gruyaert décrit l’acte photographique comme une tension : chercher le contact et le refuser à la fois, être le plus présent et le moins présent en même temps. C’est dans cette lutte, dit-il, qu’il se sent au meilleur de lui-même.
De la publication aux expositions : la reconnaissance internationale du volet marocain #
Trois livres jalonnent ce travail. Le premier, Morocco, paraît en 1990 chez Schirmer/Mosel. Maroc suit en 2013 aux éditions Textuel, avec une préface de Brice Matthieussent. La version anglophone de Wikipédia mentionne aussi une édition espagnole, Marruecos, publiée en 2009 à Séville par la Fundación de las Tres Culturas.
Pour le livre de 2024, Magnum explique que l’idée est née pendant qu’il fouillait ses archives pour une série de photomontages intitulée A Sense of Place. Les photographies retenues sont différentes de celles des deux livres précédents. Selon lui, elles en disent davantage sur lui-même que sur le pays.
Côté expositions, les notices de référence citent notamment le Palais de Tokyo à Paris (1986), une rétrospective à la Maison européenne de la photographie (2015), le FotoMuseum d’Anvers (2018) et Le Bal à Paris (2023). Ces expositions ne portent pas uniquement sur le Maroc, mais elles montrent la reconnaissance d’un photographe dont ce pays a été l’un des terrains fondateurs.
Le Maroc vu par un « outsider » passionné : regards croisés et réciprocité #
Magnum Photos présente le livre de 2024 comme le regard d’un « passionate outsider », un étranger passionné. L’agence insiste : Morocco n’est pas un travail de photojournalisme. Gruyaert ne prétend ni couvrir tout le pays, ni en livrer une « réalité objective ». Il espère plutôt que ses images transmettent quelque chose d’essentiel du Maroc, qui aide à entrer en contact avec une réalité différente.
Dans ce même texte, il explique que ce qui compte le plus pour lui en photographie, et dans l’art en général, c’est de partager l’expérience de l’artiste : être avec lui, voir ce qu’il a vu à travers ses yeux. Il souhaite que chaque image ait sa propre force et que l’ensemble se lise comme un hymne, plutôt que comme un récit ou un carnet de voyage. Ce sont des variations sur une fascination qui dure, écrit-il, depuis plus de cinquante ans.
- Un lien ancien : premier voyage au Maroc en 1969 selon Wikipédia, relation datée de 1972 par Gruyaert lui-même.
- Une reconnaissance précoce : ses images du Maroc lui valent le Prix Kodak de la critique photographique en 1976.
- Le choix de la couleur : le Pop Art et le Maroc l’ont conduit à se consacrer entièrement à la couleur.
- Trois livres : Morocco (1990), Maroc (2013) et Morocco (2024), chacun avec une sélection d’images différente.
- Un regard assumé : ni reportage ni inventaire, mais la vision subjective d’un étranger passionné.
Questions fréquentes sur Harry Gruyaert et le Maroc #
Quand Harry Gruyaert a-t-il découvert le Maroc ?
Quels livres a-t-il consacrés au Maroc ?
Pourquoi est-il considéré comme un pionnier de la photographie couleur ?
Harry Gruyaert est-il membre de Magnum Photos ?
Où découvrir son travail sur le Maroc ?
À noter également : découvrir.
Plan de l'article
- Harry Gruyaert et le Maroc : une fascination photographique de cinquante ans
- L’itinéraire marocain de Harry Gruyaert : genèse d’un regard
- L’esthétique marocaine à travers la couleur et la lumière
- Le Maroc entre tradition et modernité : scènes du quotidien revisitées
- De la publication aux expositions : la reconnaissance internationale du volet marocain
- Le Maroc vu par un « outsider » passionné : regards croisés et réciprocité
- Questions fréquentes sur Harry Gruyaert et le Maroc