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Mangatopia : à Bruxelles, des planches originales de manga sorties du Japon pour la première fois

À Bruxelles, le manga a désormais sa ville imaginaire. Le Musée de la Bande Dessinée présente jusqu’au 17 mai 2027 « Mangatopia : 30 ans de manga signé Kana ! », une exposition montée avec l’éditeur Kana pour ses trente ans. Pour qui dessine, l’intérêt est ailleurs que dans l’anniversaire : on y voit des planches originales de près, avec leurs traits de crayon, leurs corrections et parfois leurs annotations.

Une exposition construite comme une ville #

Selon Livres Hebdo, l’exposition est ouverte depuis le 16 octobre 2026 et réunit les œuvres d’une quarantaine de mangakas. Le parcours est pensé comme une cité fictive : chaque quartier explore une facette du manga, des récits d’aventure aux histoires plus intimes, en passant par les mondes fantastiques. L’idée est de ne pas réduire le médium à quelques séries très connues.

La chaîne bruxelloise BX1 détaille ces quartiers, une dizaine au total, qui abordent l’action, le dépassement de soi, les émotions, les traditions, la mémoire, l’expérimentation, l’imaginaire et la société. L’affiche, elle, a été dessinée par Inio Asano.

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Un hommage au fondateur de Kana

L’exposition rend aussi hommage à Yves Schlirf, fondateur de Kana, disparu en septembre, rappelle Livres Hebdo. Éditeur de Blake et Mortimer, il avait été l’un des pionniers du manga dans l’édition francophone.

Des originaux qui quittent le Japon pour la première fois #

C’est le point fort de Mangatopia. Le site du Musée de la BD annonce un ensemble de planches originales, dont certaines ne sont jamais sorties du Japon, et d’autres pièces rares. L’exposition a été conçue en collaboration avec Kana et le Musée international du manga de Kyoto, rattaché à l’université Kyoto Seika.

Le parcours mélange trois types de documents, que Livres Hebdo distingue clairement :

  • des planches originales, celles qui sont passées sous la main du mangaka ;
  • des fukusei, c’est-à-dire des fac-similés d’œuvres originales ;
  • de simples reproductions.

Réunir les originaux a demandé un long travail de coordination avec les éditeurs japonais, les artistes et leurs ayants droit. Des entretiens vidéo donnent aussi la parole à plusieurs mangakas, dont certains s’expriment rarement en public, parfois sous couvert d’anonymat.

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Ce qu’un dessinateur peut aller y chercher #

Une planche imprimée montre un résultat. Un original montre une méthode. Devant la feuille, on voit où l’encre est posée d’un seul geste et où elle a été reprise, ce qui a été gommé, ce qui a été masqué au blanc, comment les trames et les bords de case sont gérés. C’est exactement ce que le musée met en avant : approcher le travail des artistes, « des traits de crayon aux corrections et annotations parfois encore visibles sur le papier ».

Quelques pistes pour en tirer profit si vous y allez avec un carnet :

Comparer l’original et sa reproduction

Quand une même œuvre existe en planche et en fac-similé, regardez ce qui se perd à l’impression : l’épaisseur réelle d’un trait, une hachure trop fine, une retouche devenue invisible. Cela aide à comprendre jusqu’où pousser le détail dans vos propres planches destinées à être imprimées ou publiées en ligne.

Observer la mise en page avant le dessin

Le manga se lit vite, et cette vitesse se construit dans le découpage. Notez comment une case large ralentit la lecture, comment une suite de petites cases accélère une scène d’action. Le quartier consacré à l’action et celui consacré aux émotions se prêtent bien à cette comparaison.

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Croquer sur place

Le musée propose déjà, deux dimanches après-midi par mois, une séance de croquis encadrée par un auteur ou une autrice de BD, selon son programme en ligne. C’est une bonne occasion de dessiner devant les œuvres plutôt que de seulement les photographier.

Un dialogue entre le Japon et l’Europe #

Le propos de l’exposition dépasse la seule maison Kana. « Entre le Japon et l’Europe se sont tissés, au fil des décennies, des liens et des influences réciproques qui continuent aujourd’hui à nourrir une nouvelle génération de créateurs et de lecteurs », explique Isabelle Debekker, directrice générale du musée, dans un communiqué cité par Livres Hebdo.

Christel Hoolans, directrice de Dargaud-Lombard et de Kana, interrogée par BX1, cite Naruto et Hunter x Hunter et résume : « Pour eux, ces univers ne s’opposent plus ; ils dialoguent. » L’exposition bénéficie d’ailleurs du soutien du comité d’organisation du 160e anniversaire de l’amitié entre le Japon et la Belgique et de l’ambassade du Japon.

Infos pratiques #

Mangatopia se tient au Musée de la Bande Dessinée de Bruxelles jusqu’au 17 mai 2027. D’après le site du musée, il est ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, avec une dernière entrée à 17 h. Le musée propose aussi une réduction sur l’exposition consacrée à Jirô Taniguchi à la Fondation Folon, pour prolonger la visite par un autre grand dessinateur japonais.

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Si vous dessinez du manga, ou si vous hésitez encore à vous lancer, c’est l’une des rares occasions en Europe de voir des originaux japonais sans prendre l’avion pour Tokyo. Prévoyez du temps : une planche originale se regarde lentement.

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