Le 29 octobre, Astérix a eu 67 ans. Pour l’occasion, les Éditions Albert René ont publié une chanson d’anniversaire inédite, « Joyeux Gauloinniversaire ». Elle est chantée par Roland Karl, révélé en 2005 par l’émission « Nouvelle Star », et son clip a été tourné au Parc Astérix, selon franceinfo. Le titre est disponible sur les plateformes de streaming, et le clip sur YouTube et Dailymotion. Derrière ce clin d’œil, il y a une date fondatrice pour tous ceux qui dessinent : celle d’une planche publiée en 1959, qui a fait naître une des séries les plus populaires de la bande dessinée européenne.
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Le 29 octobre 1959, une planche en page 20 #
La biographie de René Goscinny publiée sur le site officiel d’Astérix raconte la naissance du personnage. En 1959, Goscinny fonde le journal Pilote, un hebdomadaire destiné à la jeunesse, avec Albert Uderzo, Jean-Michel Charlier, Jean Hébrard et François Clauteaux. Le 29 octobre 1959, le tout premier numéro présente en page 20 la première planche des Aventures d’Astérix le Gaulois. Selon la même source, les 300 000 exemplaires imprimés sont vendus dès le premier jour.
L’album Astérix le Gaulois paraît ensuite en 1961, comme le rappelle franceinfo. Ce passage de la revue à l’album n’a rien d’anodin pour un dessinateur. Une planche pensée pour un hebdomadaire doit tenir en une page, ménager un rebondissement et donner envie d’acheter le numéro suivant. Ce découpage en épisodes a façonné le rythme des premières aventures.
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Un duo né d’une commande de pages illustrées #
La rencontre entre le scénariste et le dessinateur est presque banale. Toujours selon le site officiel, Goscinny est embauché par l’agence World Press à Bruxelles grâce à Jean-Michel Charlier. Sa première mission consiste à récupérer à Paris des pages illustrées par un certain Albert Uderzo. Nous sommes en 1951, et les deux hommes ne se quitteront plus. Avant Astérix, ils créent ensemble d’autres héros, dont Oumpah-Pah, en qui beaucoup voient un précurseur du petit Gaulois.
Pour qui apprend à dessiner, cette histoire rappelle que les grandes séries naissent rarement d’un coup de génie isolé. Elles viennent plutôt d’années de commandes, d’essais et de personnages abandonnés. Oumpah-Pah, le Peau-Rouge au grand cœur, a servi de banc d’essai à un tandem qui cherchait encore son ton.
Ce que le trait d’Astérix enseigne aux dessinateurs #
Astérix est un excellent sujet d’étude pour qui s’intéresse au dessin humoristique. Ses personnages se reconnaissent à leur seule silhouette : un petit guerrier au casque ailé, un grand gaillard avec sa rayure et son menhir, un minuscule chien blanc. Recopier une case de la série, c’est apprendre combien une forme simple et bien lisible porte à elle seule le caractère d’un personnage.
Un exercice à faire chez soi
Un exercice classique consiste à dessiner un personnage seulement en ombre chinoise, en noir plein, puis à vérifier qu’on le reconnaît encore. Si la silhouette ne suffit pas, c’est souvent que les proportions manquent de contraste : tête trop proche du corps, membres trop semblables, accessoires peu marqués. Les Gaulois d’Uderzo réussissent ce test haut la main. C’est ce qui permet à toute une foule de villageois de rester lisible dans une scène de bagarre.
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Le décor au service du gag
L’autre leçon tient aux décors. Le village, la forêt, les camps romains reviennent d’album en album et deviennent un repère pour le lecteur. Le dessinateur peut alors concentrer l’attention sur l’action et sur le gag. Pour un auteur débutant, construire d’abord un décor récurrent et cohérent est une bonne manière de gagner en vitesse et en régularité.
Une série toujours très suivie #
Soixante-sept ans après cette première planche, la série reste un phénomène d’édition. D’après franceinfo, le dernier album, Astérix en Lusitanie, sorti fin octobre 2025, a réalisé le meilleur lancement de la série depuis vingt ans, avec 1,65 million d’exemplaires en deux mois. La chanson d’anniversaire s’inscrit dans cette logique : faire vivre les personnages au-delà de l’album, en musique comme au Parc Astérix.
René Goscinny est mort le 5 novembre 1977, à 51 ans, rappelle le site officiel, et le site souligne que ses héros lui ont survécu. Mais tout part de cette première planche de 1959, et la regarder aujourd’hui reste une belle leçon de mise en page pour qui tient un crayon.




